Joyeux Noël !

C’est Noël ! Sans surprise je vous parle des couleurs traditionnelles de ce jour particulier. Après mon dernier article sur les couleurs primaires, voici décryptées les couleurs rouge, vert, blanc, doré et même marron.

Une lecture plutôt religieuse des couleurs de Noël

Selon un scientifique de Cambridge, l’utilisation du rouge et du vert remonte aux églises médiévales, qui ont ensuite inspiré les Anglais avant de nous atteindre à notre tour.

Le christianisme a apporté ses propres interprétations :

Le vert concernerait Dieu et la vie éternelle, comme le houx qui ne meurt jamais.

Le doré serait à l’image de la royauté de Jésus venu sur terre à Noël.

Doré aussi comme les étoiles qui brillent dans le ciel, dont celle qui guida les rois mages. Quant au rouge, présent dans les fruits du houx, il évoquerait tristement le sang que Jésus a répandu pour purifier nos péchés.

Des significations moins religieuses des couleurs de Noël

Vous le savez bien, un symbole possède plusieurs interprétations, et une couleur est un symbole.

Le rouge a longtemps été tenu pour la couleur la plus éclatante, en raison de l’exceptionnelle vigueur de la garance comme plante tinctoriale, seule à sauvegarder la splendeur originelle des étoffes sous l’effet de l’eau, de l’air et du soleil.

Le rouge rappelle ici les pommes qui décoraient les premiers sapins de Noël de la Renaissance au 19e siècle. En 1858 l’hiver ayant été si rigoureux, il ne restait plus de pommes à mettre sur le sapin, les verriers eurent l’idée d’en créer : nos fameuses boules de Noël.

Le marron, celui de la buche. Celle-ci était à l’origine la bûche de bois, choisie pour pouvoir bruler toute la nuit. Ses restes étaient gardés d’année en année pour rallumer le feu du Noël suivant, symbolisant la continuité du temps.

Le blanc symbolise de pureté et d’innocence. Il fait immédiatement penser à la neige. Elle recouvre tout d’un manteau reposant. C’est la fin d’une période, mais aussi l’annonce d’un nouveau cycle.

D’ailleurs, le vert, celui du sapin, est la promesse du printemps prochain, des jours qui rallongent, de la vie.

Bansky, l’art pour parfois nous rappeler à l’essentiel

Aujourd’hui les radios, télés et autres médias parlent de Noël dès le mois d’octobre à coups de réclames et autres publicités, nous enjoignant d’acheter telle ou telle chose qui nous manque cruellement alors que nous ne nous en étions pas rendus compte, pauvres de nous…. Il faut acheter.

Tout devient objet de tentation et de tension. Si on n’a pas, on va manquer. Mais comment avoir si on n’a pas suffisamment d’argent, de place ou que sais-je. Si ce n’était pas quelque chose d’essentiel, cela devient quelque chose de vital. Le 21ème est siècle de consommation plus que tout autre et les artistes savent nous faire réfléchir sur cette étrange évolution de nos priorités.

Ce n’était pas évident de choisir un de ces artistes, mais l’œuvre de Banksy – artiste anonyme dont on a parlé cette année pour avoir découvert quelques unes de ses réalisations dans les rues de Paris – m’a particulièrement parlée. Non pour ses couleurs cette fois-ci, mais pour sa signification.

 

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Banksy – artiste anglais spécialiste du street art qui conserve le mystère sur sa personne en utilisant ce pseudo – est connu pour son côté revendicateur, anticapitaliste, pro-liberté, sachant manier l’humour incisif, le sarcasme, la douceur et le dessin avec brio. Avec son talent, Banksy manie le street art comme une arme lui permettant à dénoncer au monde entier, aux passants, aux voisins, aux médias, les choix des leaders ainsi que leurs conséquences.

Le tout, sans filtre et à la vue de tous, puisque ses œuvres à ciel ouvert sont réalisées sur des murs ou autres morceaux d’architecture urbaine.

L’œuvre que je choisis pour Noël s’intitule « Jésus Christ avec des achats ».

Elle heurte me direz-vous pour une journée aussi plein d’amour que celle de Noël. Je suis d’accord avec vous, mais c’est le but.

Plus que tout autre jour de l’année :

Noël et/est amour ;

Non pas Noël et paquets cadeaux ou billets de banque ;

Et ça, on l’a un peu beaucoup oublié.

L’œuvre de Bansky nous montre un Jésus crucifié, avec dans chaque mains des sacs plein de cadeaux – dont un d’où dépasse un sucre d’orge rouge et blanc très symbolique de Noël. Ces sacs se situent à la place des clous, suggérant par la même que c’est la consommation qui tué Jésus et non la crucifixion.

Le message est rude, surtout pour un 25 décembre, mais derrière il y a plein d’amour.

N’oubliez pas on ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux.

Pensez à partager votre repas de Noël avec votre voisin resté seul chez lui plutôt qu’à amasser des cadeaux achetés rapidement en grande surface ou sur Amazo…

Rappelez-vous que la moindre petite chose peut être merveilleuse et vous marquer jusqu’à la fin de vos jours, alors-même qu’elle semblait si anodine initialement.

Ce qui compte n’a pas de valeur, si ce n’est celle de l’amour.

 

Je laisse le dernier mot à Saint-Exupéry en citant Le Petit Prince :

« -Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d’un secret.

Le petit prince s’en fut revoir les roses.

-Vous n’êtes pas du tout semblable à ma rose, vous n’êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisé et vous n’avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres. Mais j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.

Et les roses étaient gênées.

-Vous êtes belles mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c’est elle que j’ai arrosée. Puisque c’est elle que j’ai abritée par le paravent. Puisque c’est elle dont j’ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c’est elle que j’ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelque fois se taire. Puisque c’est ma rose.

Et il revint vers le renard :

-Adieu, dit-il…

-Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

-L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.

-C’est le temps que tu a perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

-C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose…fit le petit prince, afin de se souvenir. »

Joyeux Noël à tous !

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